Le soir du 9 avril 2010, je suis allé dans un magasin de kendo de Kyoto situé à proximité du mythique Butokuden où je voulais ensuite aller voir l'entraînement de kendo.

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Evidemment, le magasin en question est très bien fourni en armures de kendo et centaines de shinaï de toutes sortes! J'essaie quelques shinaï, en hésitant... Un japonais, client du magasin, m'en tend alors un et me dit: "celui là, il est bien" (il me le dit en japonais, mais ma traductrice préférée me traduit). Je prends le shinaï (non monté) entre les mains et effectivement, l'équilibre est parfait, il semble léger, vivant, et j'ai tout de suite envie de faire geiko voire 1000 haya suburi avec ce sabre en bambou! "C'est du bambou de Kyoto, le meilleur" me dit le client japonais, "avec un tel shinaï, c'est très facile de faire du kendo, ça met ippon tout seul".

Bref,  ce shinaï est assez haut de gamme mais les prix étant 2 ou 3 fois moins élevés qu'en France, et le client japonais me disant à juste titre qu'il fallait peut-être payer un peu plus cher un shinaï qui durera 3 ou 4 fois plus longtemps qu'un shinaï de qualité moindre, je n'hésite pas une seconde: je l'achète.

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Un peu plus tard, après avoir mangé une bonne bolée de ramen (noddles), j'enfourche mon vélo et me voici au Butokuden pour faire mitori geiko (regarder les combats) pour la 2ème soirée consécutive. Ici, le programme des entraînements est simple: Gi Geiko, de 19 à 20 heures... Une rangée de 8ème dan contre plusieurs rangées de beaucoup de dan!
Là, je repère un combat, et prend quelques photos d'un duel particulièrement intense.  J'observe les mouvements des pieds et des sabres, j'essaie de repérer le moment de l'attaque, je devine les deux ki qui s'affrontent... C'est fascinant.

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A la fin du combat, les partenaires se saluent, et je vois le sensei se diriger d'un bon pas dans ma direction, s'approcher de plus en plus et se planter devant moi... Va-t'il me reprocher d'avoir pris des photos? J'ai pourtant demandé la permission en entrant dans le dojo...
Non, il enlève ses kote et me tend la main... Etonnement! Et là, je vois son visage qui sourit et je le reconnais à travers les grilles de son casque: c'est le client du magasin de kendo qui m'a conseillé le shinaï!!! Je lui serre la main avec plaisir!!

"Le hasard n'est pas le hasard", m'a alors dit ma traductrice et maître zen préférée.

Une chose est sûre: c'est certainement un bon shinaï :)

Olivier