Un petit compte rendu du stage de Kendo organisé ce dimanche par l'US Orléans.
Un très bon stage ! 
Hara sensei, qui a dirigé le stage, est 7ème dan kyoshi. Il a commencé le kendo à 6 ans. Aujourd'hui, il travaille dans la police japonaise (Souvent gage d'un très bon kendo).
La traductrice a fait également un très bon travail, dans la bonne humeur.
Je vous mets en vrac les points qui m'ont semblé importants à retenir pour les partager avec vous:
Suburi:
  • Hara sensei a insisté sur l'importance de ne pas faire "rebondir" le shinaï. On marque bien un ippon, qu'il y'ait cible ou pas. Le conseil est notamment primordiale sur Haya Suburi: le but n'est pas d'aller vite avec son shinaï mais bien de faire des men ippon enchaînés rapidement.
  • Nous avons eu aussi une remarque sur les déplacements du haya suburi. On ne sautille pas, on fait des pas glissés en avant puis en arrière. Du coup, le pied ne quitte quasiment pas le sol (ce qui va en plus nous donner de plus grands déplacements).
  • Dernier point: pour mettre un ippon, on fait une coupe avec notre shinaï. La descente est donc plus rapide que l'"armer". Il y'a bien accélération.
Ces trois conseils seront redonnés sous d'autres formes après tout au long du stage, surtout les deux premiers:
  • "Ne pas rebondir" revient lors de kiri-kaeshi. Tous les men sont ippons, quelque soit la vitesse d’exécution.
  • Quelque soit la frappe ou la technique, le pied ne quitte presque pas le sol. Fumikomi ne nécessite pas de s'envoler, même pour "faire du bruit". Hara sensei lève ici deux points:
    • Il y'a risque de blessure si l'on fait frapper le talon en premier en venant de trop haut. Le pied arrive au sol bien a plat.
    • Lever le pied, c'est partir dans la mauvaise direction, c'est aller vers le haut. Or, on souhaite aller loin devant. Il nous a bien montrer qu'avec le pied au ras du sol, l'amplitude de déplacement est bien supérieure, l'attaque va plus loin, et le corps peut alors rester droit (pas besoin de se pencher pour compenser).
La matinée était destinées aux kihon. Nous avons donc travaillé les frappes de base, et même tsuki pour les 1er kyu et plus. C'était super intéressant.
Un point général intéressant pour motodachi était sur l'économie de mouvement.
Lorsque kakarite fait men, il va tout droit, quoi qu'il arrive, quitte à bousculer motodachi. Pour éviter cela, motodachi se pousse juste après la frappe: on décale le pied droit et on tourne le torse. ça suffit. Pas de saut de cabri ou de grand pas pour rester de face, ça ne sert à rien. La rotation après un petit pas suffit.
Pour recevoir koté, c'est même un "demi" pas (gauche ce coup-ci) qui doit suffire. En effet, sur koté, le pied droit de kakarite vise le pied droit de motodachi, on a encore moins besoin de se décaler.
L’après midi, c'était un peu plus complexe sans être trop technique.
Il y a eu comme techniques et conseils associés:
  • Debana koté: Il ne faut pas être dans l'attente d'une attaque. C'est à nous d'imposer notre volonté en mettant la pression pour déclencher le men de l'adversaire. Ainsi, on est déjà prêt, puisqu'en fait, c'est nous qui prenons l'initiative. Le debana koté part dès que l'adversaire commence son men: c'est à dire des qu'il montre qu'il va bouger ou au pire, qu'il amorce la montée de son shinaï. Il ne faut surtout pas attendre que la lame adverse descende, c'est trop tard. Je pense ici que le regard est très important: on ne regarde pas le shinaï adverse pour voir s'il bouge, on regarde l'adversaire tout entier pour voir si une attaque VA venir. Même si c'est le shinaï qui porte les coups, ce n'est qu'un instrument, tout part du corps de l'adversaire.
  • Kaeshi-do: ici, on vient parer la lame adverse très "tard" (l'attaque men de motodachi a presque atteint sa cible). Toutefois, ce n'est pas si tard car notre pied droit est déjà parti vers la droite: La riposte a déjà commencé. Hara sensei ne demande pas de fumikomi sur kaeshi-do.
  • Hiki-men: on part de tsuba-zeraï (Hara sensei rappelle que tsuba-zeraï n'est pas lame contre lame, NI poignée contre poignée. C'est bien tsuba contre tsuba). L'idée ici, va être de rester bien droit et fort, tout en brisant d'un seul coup la posture de son adversaire par une poussée de TOUT le corps vers l'avant avec une légère rotation. La posture brisée, une ouverture se créé, et l'on porte le men immédiatement. La fuite en arrière doit être très rapide avec une vigilance extrême. On est sur l'axe d'attaque de l'adversaire, donc on doit être prêt à toute riposte.
  • Hiki-koté: Toujours en tsuba zeraï, on effectue une poussée vers le bas. Ainsi motodachi va contrer cette poussée en partant vers le haut: il expose ainsi son poignée. On part alors en reculant légèrement vers la gauche pour frapper koté. Si on part droit, notre lame longe le shinaï adverse et on bute sur la tsuba.
  • Hiki-do: Toujours de tsuba zeraï, on effectue une poussée vers le bas plus importante pour que l'adversaire découvre ses flancs.
Voilà pour ce que j'ai pu en retenir. Certaines choses peuvent être surement débattues (pas de fumikomi sur kaeshi-do par exemple), ou j'ai peut être mal compris certains points (j'espère pas). De plus, la plupart des points ont déjà été abordé au cours, certains différemment, d'autres pas. Mais globalement, j'espère que vous pourrez en retirer quelque chose dans votre kendo grâce à moi :o).
Vincent C.