« la voie du samuraï est celle de l’imminence et la seule chose à faire est de foncer tête baissée » Ainsi est exprimé ce qu’est le courage dans l’ Hagakure : « foncer droit devant avec courage et joie »

C’est dans le chapitre « courage » du livre Vertus Martiales que le Dr Charles Hackney fait référence à ce principe fondamental de la voie du sabre. Mais entre autres choses qui lui permettent de définir le courage dans les arts martiaux, un de ses aspects me semble particulièrement intéressant :

« Ceux qui ne tentent rien n’échoueront techniquement jamais, et ainsi l’estime de soi s’en trouve protégée ». Pour l’auteur,  le courage se fait connaître dés lors que l’on fait face et déjoue cette forme de peur défensive de l’ego. 

470_5Il y a bien longtemps, après un entraînement de régate à bord d’un « 470 » (dériveur mythique des années 70-80) un jour de grand vent, je suis rentré tout fier en annonçant au moniteur que je n’avais pas dessalé (c’est à dire chaviré le voilier). Le moniteur m’a alors froidement répondu que si je n’avais pas dessalé, c’est sans doute que je n’avais pas été au bout de mes limites… Ce moniteur de voile était peut-être également un grand maître d’arts martiaux… En tout cas son enseignement froid et lapidaire résonne encore à mes oreilles !

« Les pratiquants d’arts martiaux devraient être tout à fait familiarisés avec cette forme de peur. L’entraînement est souvent répétitif, nécessitant la plupart du temps des efforts, et il lui arrive même d’être douloureux »

Alors l’auteur souligne que la tentation est grande de sauter l’entraînement « juste pour cette fois », de multiples excuses faciles à inventer venant justifier cette « lâcheté ». En effet, « la mise en avant de telles excuses résulte de la peur de se voir comme un pratiquant d’arts martiaux médiocre ».

Le vrai courage est alors d’admettre qu’on a pris la mauvaise décision en renonçant à un entraînement, de ne pas passer cet échec sous silence et de l’assumer en faisant en sorte de redoubler de volonté pour participer au prochain entraînement.

En tous cas, il ne faut pas se laisser aller dans une quelconque autojustification, et au contraire il faut  continuer à  s’entraîner, même si c’est difficile.  

Alors, si il y a parfois (et très rarement) de bonnes raisons de ne pas venir à l’entraînement de kendo ou iaïdo, la plupart du temps un minimum de réflexion et de volonté devrait nous imposer d’aller au dojo.

 

à+

Olivier