bonjour,
ayant eu envie de remettre un peu d'ordre dans mes pensées, concernant le kendo no kata, j'ai consulté quelques livres et me suis remémoré l'enseignement des divers senseïs rencontrés.
Voici donc la 1ère partie de mes pensées sur le sujet.
J'essaie de mettre au clair et sous word le reste de mes pensées le plus rapidement possible!
à+
Olivier

 

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De l’intérêt du Kendo no kata

 

Avant l’invention de l’armure de protection (bogu) pour l’entraînement des samuraï, les kata étaient la seule façon d’apprendre et maîtriser les techniques du sabre japonais. C’est Noma Hisashi qui nous le rappelle dans son livre The Kendo Reader (1) .

 

 

Tracer avec le pinceau une ressemblance exacte

 

Le mot kata a plusieurs sens en japonais, mais celui qui nous intéresse ici est le kanji   (forme), étymologiquement « tracer avec le pinceau une ressemblance exacte »

 kata-kanji-yoko

Caligraphie Yoko de Lataillade, 2011


Dans tous les arts martiaux, le kata permet de reproduire un combat contre un adversaire réel (comme en kendo) ou imaginaire (comme en iaïdo). Chaque séquence du combat est codifiée, et il n’y a aucune surprise à attendre dans le scénario du kata, ce qui permet de travailler en toute sécurité et de répéter sans cesse les mêmes gestes transmis par les senseï (maîtres) dans le but d’atteindre la perfection, ou de s’en approcher le plus possible !

En kendo, les kata se pratiquent à deux, avec le bokuto (ou bokken), sabre en bois reproduisant le katana, célèbre sabre tranchant comme un rasoir des samuraï. Cette arme en bois est loin d’être inoffensive, de nombreux samuraï se servait d’un sabre en bois pour tuer leurs adversaires en bataille rangées comme en combats individuels. Le pratiquant de kendo doit donc considérer son bokuto  avec le plus grand respect.

 

Aujourd’hui, le kendo no kata reste une partie intégrante du kendo enseigné par la ZNKR (2) , et donc le CNK (3)  en France, mais il reste très souvent considéré comme « à part » dans l’esprit de beaucoup de pratiquants français de kendo, comme si il était parfois difficile de faire le lien entre la pratique du kendo no kata et «  l’autre » pratique du kendo, avec le shinaï, sabre de bambou.

Comme le souligne Ozawa Hiroshi (6), « le nihon kendo kata est quasiment exclusivement étudié pour préparer un examen de passage de grade, avec pour résultat qu’une fois le grade passé, le Nihon Kendo Kata est oublié »…Evidemment, Ozawa Hiroshi regrette cet état de fait et précise que pour les kendoka sérieux, l’étude des kata est essentielle et qu’apprendre le Nihon kendo kata est le premier pas dans la voie du progrès.

Il n’est pas anodin de remarquer que dans les premiers livres édités en France sur le kendo (années 70-80), il n’est même pas fait allusion au kendo no kata… Pourtant, les pionniers du kendo français sont (ou étaient) loin de négliger les kata ! Je peux être témoin de leur enseignement et exigence vis à vis de leur pratique. Mais peut-être n’était-ce pas assez vendeur ??!

 

 

si on ne comprend pas les kata, on ne comprendra jamais le kendo

 

Lors du stage de kendo ayant eu lieu à Blois en mars 2011, Kudo Yoshihito senseï (4)  nous a dit : « si on ne comprend pas les kata, on ne comprendra jamais le kendo »… Ces paroles traduisent un enseignement que tous les experts japonais de kendo venant en France nous répètent sans cesse : il faut pratiquer et comprendre les kata de kendo pour progresser dans la voie du sabre !

Le lien entre un kata de kendo et un shiaï geiko (combat avec shinaï) ne paraît effectivement pas évident au premier abord. On peut imaginer qu’un compétiteur de kendo peut progresser en compétition sans avoir une bonne connaissance des kata, mais  on peut également imaginer qu’au plus haut niveau national (en France) ou international (incluant le Japon !) les meilleurs compétiteurs ont une connaissance approfondie du kendo no kata.

Car si les maîtres nous enseignent que la pratique des kata est indispensable pour une bonne progression sur la voie du kendo, il serait très présomptueux de prétendre le contraire !

 

IMG_2081

bokuto (tachi et kodachi) anciens, temple boudhiste Shinsyoji (Narita) 

(photo Olivier de lataillade, 2010)

 

 

[... à suivre: "les kata sont extraits d'epériences victorieuses de combats" ...]