Comment résumer un tel Week-End ?

Le stage régional de kendo (ligue TBO) des 26 et 27 mars 2011, organisé par l’ADAKI à Blois nous a permis de recevoir un Maître d ‘exception : Kudo Yoshihito senseï, kendo kyoshi 7ème dan, expert kendo de la ZNKR, venu de la police de Kyoto, Japon.

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Samedi matin, arrivé avec Daniel Charlemaine de Paris en voiture, Kudo senseï a pu visité le château royal de Blois, accompagné d’une délégation de l’ADAKI (Antonio, Alain, JB, Baptiste, François, Olivier, avec Yoko en qualité de traductrice) et d’Hervé Mesnager, venu représenter la mairie de Blois. Reçus par le responsable « développement touristique » du château qui eut un mot d’accueil respectueux pour Kudo senseï, nous pûmes visiter cet endroit historique sous la houlette d’une guide passionnante. Merci au Château Royal de Blois d’avoir ainsi accueilli gracieusement le 1er maître de kendo venu du Japon qui visite officiellement ce lieu.

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Kudo senseï ramènera de cette visite plein d’images de l’histoire de France et un magnifique livre sur le château, mais surtout un trophée inespéré qu’il avait sans doutes repéré depuis le début, accroché au cou de notre guide: le collier porte-carte, siglé « Château Royal de Blois » et orné de la célèbre salamandre. Kudo senseï l’avait repéré, et le Château le lui a offert… objet rare qui servira à tenir le sifflet qui rythmera bientôt les entraînements de l’équipe de France de kendo puis les équipes de kendo de Kyoto et Osaka !

 

Instant particulièrement solennel, le discours d’Hervé Mesnager, adjoint au Maire (iaïdoka et ex-kendoka !), dans la tour Sainte-Foix fut très apprécié de Kudo senseï, sensible au respect ainsi exprimé par la ville de Blois.

 

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la guide, JiBé, Baptiste, Antonio, Alain, Daniel Charlemaine,

Kudo senseï, Yoko, Takuto, Olivier, Hervé, responsable tourisme "château royal de Blois")

 

 Après un rapide déjeuner à la brasserie « Hyppolyte », nous fûmes à l’heure au palais des Sports de l’ADA pour démarrer le stage à 14h. Une bonne soixantaine de kendoka venus de toute la région Centre, mais aussi de Paris et même Arcachon !

 

Après un solide échauffement suivi de séries de suburi, tout le monde s’aligna pour le salut, et compte-tenu de l’actualité tragique qui touche le Japon, j’ai lu aux kendoka un texte en rapport avec le tremblement de terre et le tsunami des 11 mars 2011. Yoko a traduit ce texte au senseï, et nous avons respecté une minute de silence en mémoire des disparus, de leurs proches, et de tous ceux qui sont touchés par cette catastrophe.

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Après le mokuso, Kudo senseï nous a fait enchaîner de nombreux kiri gaeshi… Le rythme s’annonçait endiablé, mais Kudo senseï orienta la suite de l’entraînement vers les ooji waza : debana, suriage, kaeshi, toutes multiples combinaisons permettant de riposter à une attaque tout en prenant l’avantage. Les explications du senseï, traduites par Rena, nous ont éclairé sur la marche à suivre. De nombreuses perspectives à travailler lors des prochains entraînements.

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Mais on retiendra avant tout que Kudo senseï apprend très vite le français, notamment pour exprimer ce qu’il ne faut pas faire : « pas comme ça »… ce sera l’expression 100 fois répétées lors du stage pour nous démontrer nos défauts et nous permettre de les corriger : rôle du motodachi, aller devant, armer avec la main gauche, respecter la distance (maaï), etc. Le maître nous conseilla d’écrire tous ces conseils techniques, afin de ne pas les oublier dans quelques jours…

L’entraînement du samedi se termina par un geiko où chacun s’appliqua, autant que faire se peut, d’appliquer les enseignements de la journée.

Une vingtaine de stagiaires se retrouvèrent au restaurant « Le Coin de Table » pour une soirée bien sympathique autour de Kudo senseï. Le patron du restaurant, aïkidoka, honoré de recevoir un tel maître de sabre japonais lui offrit une bouteille de vin !

 

DSC_5321Et le dimanche matin, à 9h précise, tout le monde était sur le plancher de l’ADA pour continuer le stage avec une matinée consacrée au kendo no kata. Kudo senseï a particulièrement insisté sur l’importance des kata, en nous rappelant que si on ne comprend pas les kata, on ne comprendra jamais le kendo. Toutes les bases du kendo sont dans le kendo no kata. Voilà le genre de propos que j’apprécie particulièrement ! Nous avons donc travaillé les 7 premiers kata, avec à chaque fois de précieux renseignements, parfaitement démontrés : tout paraît si simple et facile quand Kudo senseï manie le bokutto … beaucoup plus dure est la mise en application! Une matinée qui aura paru bien courte tant le travail du kendo no kata est riche.

 

A midi, après le mokuso, ce fut le traditionnel et très attendu discours de Jean-Jacques Pagnoux, notre président du CRK de la ligue TBO, avant la remise des cadeaux par le CRK et l’ADAKI à Kudo senseï. Notre traductrice, Rena, reçut un bouquet de fleurs en remerciement pour ses efforts fournis avec le sourire à traduire les mots du senseï pour que nous puissions bien le comprendre !

Pour ceux qui avaient réservé leur place, ce fut l’heure de déguster le repas japonais de Madoka Mukaï ! 35 personnes se partagèrent sushi, soba (nouilles japonaises), calmar, brochettes de porc, poulet, salades… Un vrai régal ! Kudo senseï sembla particulièrement heureux de retrouver à Blois des saveurs authentiquement japonaises ! Mention spéciale aussi à Daniel Charlemaine, grand amateur de cuisine japonaise et qui encensa les talents culinaires de Madoka !

 

DSC_5305A 14h, le stage continua par un passage de grades 1er à 3ème dan, avec un jury composé de Kudo Yoshihito senseï,  Roland Motard, Daniel Charlemaine, Alain Pilfer, Bernard Vergnaud. Plus de 20 prétendants au grade supérieur tentèrent leur chance, et pou l’ADAKI on peut se féliciter des 1er dan obtenus par Cédrick Tournois et Xavier Marcatel, et du 2ème dan obtenu par François Christophe ! Bravo à eux et aux autres kendoka ayant franchi un dan de plus (notamment notre arcachonnais François Basso , dopé par les tomates provençales du « Coin de Table »!). Pour ceux qui n'ont pas obtenu le dan présenté, c’est bien sûr une déception, mais beaucoup de voies ont été ouvertes grâce aux commentaires constructifs du jury. A chacun d'en profiter, de travailler son kendo dans la voie proposée.

 

Le stage se termina avec une heure de Gi Geiko qui permit à chacun de rencontrer Kudo senseï et les gradés de la région, et de tenter de mettre en application l’enseignement du stage.

Merci à Kudo senseï et aux gradés qui ont animé ce stage (Daniel Charlemaine, Alain Pilfer, Christophe Pilfer, Antonio Gomes)

DSC_5243Un grand merci aux membres de l’ADAKI qui ont assuré de façon parfaite la logistique avant, pendant et après le stage. Il est évident que sans l’engagement du plus grand nombre des adakiens, un tel stage n’aurait pas pu se dérouler dans d’aussi bonnes conditions, sans aucun accroc matériel ou de timing. Et c’est sans doutes à cela qu’on peut mesurer le bon fonctionnement et le bon esprit d’un club.

 

Ayant eu la chance d’héberger et cotoyer Kudo senseï pendant 2 jours, je peux témoigner que c’est un grand maître, dans son kendo comme dans sa gentillesse et son ouverture d’esprit. Son attitude digne et attentive à son environnement force le respect. Il nous a donné de précieux conseils pour notre pratique de l’art du sabre, à nous de les mettre en application.

 

Olivier

(photos (c) François Chritophe)

voir l'album photo de Kudo senseï à Blois

 

PS: une collecte d'argent ("quelques euros contre un origami de Takuto") a permis d'envoyer une somme non négligeable à la FFJDA-CNK à destination d'une oeuvre humanitaire japonaise: merci aux généreux kendoka.