Cette année, le Ken no Michi se tenait à Orléans, renouant avec ses origines : il y a 30 ans avait lieu le 1er stage « La voie du kendo » à Orléans.

Il y a 30 ans, l’ADAKI (le club de kendo de Blois) n’y était pas présent, car le club n’existait pas ! Mais en 2010, l’ADAKI a pu envoyer quelques-uns de ces plus fins bretteurs (JB, Baptiste, Mohammed, François L. et François C., Claude, Yoann, Olivier étaient là !) pour faire honneur à Blois devant une délégation impressionnante de sensei japonais, tous 8ème dan de kendo !

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Ce stage est une sorte de fête du kendo, réunissant plus de 200 kendoka venus de toute la France pour rencontrer cette délégation venue du pays du soleil levant. Des groupes sont constitués en fonction du niveau, et chacun de ces groupes peut bénéficier de l’enseignement d’un ou plusieurs sensei.

Dans le groupe des 3ème dan, Tanabe Hideaki sensei nous a d’abord montré et expliqué le kendo no kata.  Entre ses mains, le bokkuto semble vivre et chaque kata devient évident. Mais c’est beaucoup plus dur de le réaliser soi-même !! Tanabe Hideaki sensei a insisté particulièrement sur la garde, et l’attitude du corps : le shisei

Puis ce fut le mawari geiko, quIMG_4400_2i permet de rencontrer moults kendoka aux niveaux et styles bien différents : une expérience toujours enrichissante et physiquement éprouvante !! J’ai pu ainsi essayer de tenir tête à François Bordelet, mon sensei du club de Quimper qui m’a tout appris à mes débuts, mais je n’y ai pas réussi !

Après le repas (merci à l’US Orléans pour l’organisation d’une buvette aux boissons et sandwichs généreux !), on reprend l’entraînement par des kihon, et cette fois-ci c’est Nakao senseï, l’expert du CNK, qui fait travailler notre groupe. Et le mot d’ordre reste « shisei », la posture, l’attitude du corps… Que l’on fasse men, kote ou do, l’attitude doit rester la même.

Ensuite, ce fut à nouveau un mawari geiko qui pour ma part fut endiablé, car je pus rencontrer toute une brochette de multi-danés (Iskia, Yoshimura, etc)…

Après ça, nous pûmes assisté à diverses démonstrations splendides (kendo no kata, iaïdo, itto ryu) avant le taichiaï, suite de combats entre kendoka de niveaux équivalents, du 4ème dan aux 8ème dan… Mitori Geiko (combat avec les yeux, où on essaie de comprendre un combat), passionnant !

En bref, après une journée comme ça, le soir… on dort bien !

Le lendemain, c’est un peu dur de se réveiller pour être à l’heure en tenue sur le parquet, mais très vite Tanabe Hideaki senseï a remis le groupe des 3ème dan dans le bain : travail sur l’attitude (shisei) et la garde (kamae)…  Il a fallu 1 heure de travail sur ces 2 points avant qu’il nous fasse revêtir l’armure pour une série de kiri gaeshi sur toute la largeur du terrain !

Petite anecdote sur le maaï, la distance entre les 2 combattants : Tanabe Hideaki senseï nous a dit que si on pouvait mettre un men direct à partir de la distance ni sokku itto no maaï (distance de 2 pas), on devait absolument aller au Japon pour les prochains championnats de kendo car on gagnerait à coup sûr !

Après 5 minutes de pause, on s’est à nouveau équipés pour un mawari geiko bien physique, suivi d’un nouveau shido geiko avec les 5ème et 6ème dan puis avec les sensei.

Là, ces geiko avec des 8ème dan sont toujours une expérience unique. La garde des senseï semble infranchissable.  Pour ma part, ce furent Inamura Konosuke senseï, Chiba Juichi senseï, merci à eux pour leur enseignement.

Pas de force physique, juste un énorme ki (énergie) qui semble jaillir de la pointe de leur sabre. Pas de suki, pas de chance d’atteindre une cible quelconque, et pourtant il faut se lancer ! Alors on tente le men, et sans rien comprendre on frappe à côté et on se prend un coup de shinaï sur la tête, le poignet ou le flanc. Au bout de plusieurs tentatives, on place soudain un magnifique men ippon !! C’est tout simplement le signal que le senseï nous a gentiment laissé marqué un point avant la fin du combat.

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Sonkyo, domo arigato gosaïmashita... Chaque combat m’aura appris un peu plus ce que veut dire kamae (la garde) , ki (énergie), seme (menace) et zanshin (attention)…

Ken no michi, la voie du sabre est passionnante et sans fin ! Tanabe Hideaki senseï nous a dit que Mochida Moriji,  10ème dan de kendo, avait répété le kihon, pendant 50 ans avant de maîtriser les bases du kendo…

Il nous reste donc à répéter encore et encore le kihon !

Les adakiens qui étaient répartis dans les différents groupes (kyus, 1er dan, 2ème dan et 3ème dan) reviennent tous du ken no michi avec un « plus » au niveau de leur kendo, que ce soit au niveau du ki ken taï no ichi, du te no uchi, du kamae, du shiseï ou de tout autre aspect de l’art martial qui nous passionne : le kendo.

Un grand merci au CNK, à l’US Orléans et surtout aux sensei venus du Japon pour nous enseigner le kendo.

à+

Olivier

PS: les photos sont de Yoko, bientôt en ligne les photos de François Christophe, photographe officiel du Ken No Michi!!