TAN,  le COURAGE

Tan, en kendo, sous-entend la vigueur, la volonté, la persévérance et la persistance permettant de dominer les 4 faiblesses (shikai) à surmonter pour progresser :

kyo - surprise

ku - peur

gi - doute

waku – perplexité

Si un seul de ces maux vous touche alors que vous êtes en garde face à l’adversaire, celui-ci  peut profiter de cette vulnérabilité et prendre l’avantage en saisissant l’opportunité d’attaquer.

Dans l’attaque ou la contre-attaque, il faut être déterminé et brave, sans idée de doute,  de peur et d’échec, quel que soit le niveau de votre adversaire. C’est ce que dit Claude Pruvost : « Vous pouvez mourir dans un combat de kendo, mais ne perdez pas votre honneur », signifiant par là qu’il faut s’engager entièrement dans l’attaque.

Ce courage, cette force, n’est pas un concept intellectuel, basé sur la seule volonté du kendoka. Courage et force proviennent de la puissance du hara, dont Pierre Delorme donne la définition suivante : « C’est là, dans la forteresse des hanches, des fesses et du bas-ventre, que se trouve le kikai tanden : le centre de l’océan et de l’énergie. »

Le seika-tanden (environ 3 doigts sous le nombril), est le centre de l’énergie du corps humain.

C’est là que tout le ki, l’énergie, est créé et stocké. En faisant mokuso, c’est vers ce point qu’il faut se concentrer et sentir l’air qu’on respire affluer. En Seiza, le dos est absolument droit, vertical. Le centre de gravité du corps situé dans le Hara est alors à l’aplomb du point central du triangle formé par la pointe des deux pieds et les deux genoux.

Cette attitude et équilibre du corps en seiza sont exactement les mêmes que celles du corps en kamae (garde), avec la même concentration de l’énergie vers le hara. En garde chudan, la garde fondamentale en kendo, la main gauche se trouve devant le hara, à un ou deux poings de distance, reliée à celui-ci par l’énergie.

Dans les entraînements de kendo, la notion de hara n’est pas toujours évoquée et mise en avant. Par contre, il est perpétuellement demandé aux kendokas de garder le haut du corps souple et léger, les épaules basses, sans force dans les bras et les mains… Et de concentrer leur force, leur ki, entre les hanches, en serrant les fesses, en poussant sur les abdominaux… Tout ceci est une autre façon, très pragmatique, de leur demander de concentrer toute leur énergie dans le hara.

Et c’est avec un hara concentrant la puissance que le kendoka aura la force et le courage nécessaires à un engagement total dans la coupe, permettant d’exprimer le ki du ki ken taï no ichi : énergie, sabre et corps unis dans un même instant.

 

... à suivre....

Olivier